De 7 à 77 ans
Du temps où il était coureur on le surnommait volontiers « le petit courageux » Plus tard, c’est sous le sobriquet de « Pape des mécanos » qu’il hanta le milieu. Le Pape en question, c’est Charles Terryn, un ancien bon grimpeur des années 40, fils d’un marchand des cycles d’Anderlecht. Retraité du peloton actif, il avait entrepris une deuxième carrière dans le vélo, en tant que mécanicien attitré de champions comme Rik Van Looy et Eddy Merckx. Difficile de résumer en quelques lignes les trois vies et la quatrième jeunesse de Charles Terryn. Mais on peut essayer.
Voici quelques années, Charles et son épouse Nelly ont cessé l’activité commerciale dans leur magasin de cycles de l’avenue Clemenceau à Anderlecht, et se sont installés à la campagne, dans une petite maison à Schepdaal en banlieue bruxelloise.
Depuis, Charles continue dans le monde du vélo en s’occupant toujours en bon conseiller des coureurs, spécialement de Frank Vandenbroucke.
« En fait précisait Charles, je suis un frontalier et j’aurait pu m’installer à Ploegsteert, adossé à la frontière française…».
Ploegsteert où Charles et Nelly ont effectues des nombreux passages en effectuant un crochet par l’Hostellerie de la Place, où règne la patronne Chantal, la maman de Frank Vandenbroucke.
« Ah, les Vandenbroucke... je m’était déjà occupé de Jean Luc, chez les amateurs, el venait chez moi pour la préparation de son vélo. C’est à cette époque que datent nos premiers contacts chez Chantal et Jean-Jacques ; après quoi Jean Luc était monté chez les pro et l’on s’était un peu perdu de vue ; jusqu’à ce que Axel Merckx et Frank pointent le bout du nez chez les jeunes. Depuis lors, on a resserré les liens ».
Un vélo pour Claudine
La famille Merckx est elle aussi bien connue de l’ami Charles. Une relation qui remonte même très loin dans le temps, puisqu’un bon jour, il avait vendu un vélo d’enfant à Lucien Accou. Un cadeau du père Accou pour sa gamine Claudine, qui allait devenir bien des années plus tard, Madame Merckx.
Eddy passé Professionnel, Charles Terryn devint le mécanicien attitré de Van Looy chez Solo Superia, dont il était le seul mécano.
« Viens avec moi »
« J’ai bossé dix ans au service de Rik » rappelle Charles. A la fin de sa carrière active, il envisageait de reprendre du service dans la petite fabrique des cycles de son père Pierre. Après quinze ans de carrière comme professionnel, il avait donc décidé de mettre la flèche. « J’avait terminé troisième de la Flèche Wallonne. Mais systématiquement, au moment d’établir la sélection pour le Tour en fonction des critères géographiques, on m’avait préféré à d’autres bruxellois (Keteleer, Depreudome…) Rik, donc, savait que j’envisageais de retourner travailler avec mon père. ‘Viens donc chez Faema, comme mécanicien’ me demanda-t-il alors. Mon père me donna son accord, et je vins ainsi, pour dix ans, le seul mécano de la Garde Rouge ; jusqu'à l’avènement d’Eddy qui me proposa de le suivre : ‘Van Looy est en fin de carrière, il va s’arrêter. Tu ferais mieux de commencer chez nous. En plus tu pourras nous faire des cadres ! L’offre était alléchante. Mais en faire part à Van Looy, était une autre paire des manches ! D’autant que le courant passait bien entre Rik et moi. Il m’avait toujours traité en camarade et j’avais l’impression de le trahir. Lors des Six Jours à Anvers, j’ai pris mon courage à deux mains. Il fallait que je lui en parle. ‘Rik, ai-je commencé dans la cabine, Il ne m’a pas laissé finir. ‘Je sais, tu vas bosser pour Merckx ; sacré bruxellois, va. C’était dit, mais jamais Rik ne m’a tenu aucune rigueur, il était simplement déçu d’avoir pris la nouvelle par d’autres, avant que je lui en fasse part..»
Kurt Titeka.