CHARLES TERRYN: LE "PAPE" DES MECANICIENS

Trois générations s'affèrent autour du vélo de Marc Demeyer. Pierre Terryn le père, Jean Pierre le petit fils et Charles.

Chez Charles Terryn, le magasin des cycles réputé à deux pas des Abattoirs d'Anderlecht, on est mécanicien de père en fils. Trois générations de Terryn travaillent en effet dans l'atelier qui a vu défiler les plus grands champions de l'après guerre. Le père Pierre, son fils Charles el son petit fils Jean Pierre, qui après avoir travaillé un saison chez Eddy Merckx, est aujourd'hui entré aux services de l'équipe Flandria.

Charles Terryn a lui même été un honnête professionnel pendant les années difficiles de la guerre et sa carrière se prolongeât relativement tard, jusqu'en 1959. Un pur "ketje" né à Anderlecht et qui peut si vous le laissez faire, vous conter durant des soirées entières des anecdotes peu connues concernant les coureurs qu'il a eu le privilège de côtoyer.*

-En 1938 j'ai disputé mes premières courses chez les débutants, se souvient--il. En 1942, je terminais second du Championnat de Belgique des amateurs derrière. Marcel Boumont. Je n'étais pas des plus rapides, et c'est ainsi que mon palmarès ne s'est pas enrichi de grandes victoires. Chez les amateurs je n'ai pu enlever qu'une demi douzaines d'épreuves, mais j'ai terminé au moins cinquante fois dans les cinq premiers. En 1944 je suis passé professionnel. Ma première classique fut La Flèche Wallonne, tout comme Eddy une vingtaines d'années plus tard, et je la terminait à la cinquième place; le vainqueur étant Marcel KInt.

En 1945, je fis également un très bon Tour de Belgique; ce fut toute une histoire. A la veille de la dernière étape, Norbert Callens était en tête, pour ma part, j'occupais la troisième place du classement générale. La veille après avoir subis une crevaison, je me retrouvais tout à coup embarqué dans un peloton d'amateurs dans la région de Oude God. Tout le monde a cru que je voulais rouler les autres en empruntant un raccourci. Marcel Kint, Jules Lowie et Brick Schotte des coureurs influents, introduisirent une plainte contre moi, j'en ai encore parlé récemment avec Birk, mais il a paru ne plus se souvenir de rien...

   Bon ces trois hommes déposèrent plainte contre moi et disent aux commissaires de route: "Si Terryn n'est pas disqualifié, nous faisons nos valises sur le champ" Je courais à l'époque pour Cureghem Sportif, dont Charles Smulders (un des commissaires en question) était le président  il leur répondit tout aussitôt: 'Vous pouvez les faire ces valises, la course continuera bien sans vous,  je fut relégué de la troisième à la huitième place, mais j'ai pu quand même terminer l'épreuve".

Charles Terryn passa ses meilleures années sous le maillot de la firme française "Rochet" en compagnie de Georges Claes, Jef Sommers, Albert Dubuisson et Jacques Gues, un autre "ketje" très populaire.

RIK I : ET CELA VA ME COÛTER COMBIEN ?

Même quand il courait, Charles n'hésitait pas de temps à autre, venir prêter main forte dans l'atelier paternel. C'est ainsi que par la suite, il est devenu le mécanicien le plus populaire du pays, jouissant même d'une réputation internationale en raison de son habilité en jouant de la clé à six trous et sa dextérité à changer les roues. Pas étonnant des lors, que  les champions ont tous réclamé ses services.

J'ai un peu travaillé pour Van Steenbergen qui est mon contemporain, mais nettement plus souvent pour Rik Van Looy avant d'entrer aux services d'Eddy Merckx. Mais je me souvient avoir été aux six jours de Berlin, le mécanicien d'un tandem imbattable, Van Steenbergen - Van Looy.

   C'est moi qui à procuré à Rik, ses premiers accessoires Campagnolo; il roulait depuis longtemps avec du matériel BSA, et je lui proposer de tout remplacer par le célèbre matériel italien. Au cours de la récente émission de la BRT, Van Steenbergen n'a pas hésité à dire qu'il avait toujours été un peu avar sur les bords. Aussi repondit'il à ma proposition par une question: C'est bien beau tout ça Charles, mais peux tu me dires combien cela va me coûter? - Il fut surpris quand je lui répondit, qu'il ne lui coûterait pas un centime. Pour ma part je récupérerait une bonne partie de mon investissement en revendant à la pièce, tout son matériel BSA. C'est cela le commerce. Mais reprenons le tout à son début, sinon je crois que je vais tout mélanger. J'stoppe donc tout en 1959, travaille un peu à gauche et à droite, et me retrouve au Palais des Sports à Bruxelles comme mécanicien de l'équipe "Acou-Fruythol" Je me suis toujours bien entendu avec Lucien Acou. Savez vous que c'est moi qui ai monté le premier vélo d'enfant de sa fille Claudine? elle ne devais pas avoir plus de six ans je crois. Un beau jour le soigneur Eugène Demeyer est venu me faire une proposition. A cette époque, il était un des meilleurs soigneurs que je connaisse, il n'y avait pas besoin des diplômes, ce n'est pas comme à l'heure actuelle. Eugène Demeyer me proposa alors de travailler pour la formation "Altig-Junkermann" qui devait disputer trois épreuves des six jours en Allemagne jours. Pas moins. Je ne sais pas encore aujourd'hui, comment j'ai osé accepter, j'ai risqué le paquet.